Enfin chez moi !!
Apres avoir visité, avec mon collègue Barry, des maisons plus pourries les unes que les autres, j’ai enfin trouvé mon nid : à 15 minutes à pied de l’ONU, 2 chambres, propre (ce qui est rare, ici !), bref, une jolie petite maison aux standards européens.
Barry continue de son côté sa quête, pour le moment infructueuse. Jeudi, nous avons même visité une maison dans le jardin de laquelle il y avait une tête de mouton mort et un crâne de singe desséché !!!
C’est vous dire !
Le pauvre Barry, irlandais de nationalité, est d’ailleurs dans un état de « choc culturel intense » depuis trois semaines… Lui qui n’a jamais visité un « pays en développement » n’en revient toujours pas !
Il est allé sur le terrain la semaine dernière, visiter une tribu éthiopienne. Qu’elle ne fut pas sa réaction lorsque les membres de la tribu lui ont dit qu’il n’était qu’un « small man » parce qu’il n’était pas marié, n’avait pas d’enfant et ne portait pas de fusil ! Il a d’ailleurs du faire tout le chemin entre deux membres de la tribus armés jusqu’aux dents (kalachnikov, s’il-vous-plaît !) et même traverser la tribu ennemie (au moins un mort chaque jour !).
Le chef de tribu a demandé à Jarso, notre collègue (et membre de cette ethnie) une taxe de 20 moutons pour avoir laissé un étranger pénétrer ses terres ! 20 moutons n’étant pas pratiques à transporter, il a pu négocier à la place 50 graines de plantes…
Ah ah ah, je me marre beaucoup avec ses aventures en terres éthiopiennes !
Ma collègue Talia, péruvienne, est quant à elle allée visiter il y a quelques temps les tribus Hamer et Mursi (cette tribu qui impose aux femmes de porter des plateaux dans les lèvres et les oreilles), dans le Sud-Ouest de l’Ethiopie, près du Kénya et du Soudan. Chez les Hamer, règle draconienne : après la puberté, les femmes ne se lavent plus… de leur vie !!!
N’étant ni musulmans ni chrétiens, ils ont une morale sexuelle très souple : avoir le plus de partenaires possibles avant le mariage. Ceci cumulé à l’explosion du tourisme sexuel dans la région (pas mal de français « visitent » les femmes Hamer et Mursi, d’ailleurs…), et c’est le taux de VIH/Sida qui atteint son paroxysme…
Enfin, je tiens à rassurer ma famille : non, non, non, pas besoin d’appeler Interpol ni de me faire rapatrier d’urgence, la vie à Addis est bien plus relax et visiter ces tribus aux vies et mœurs si différents des nôtres est incroyablement passionnant. En outre, ils sont en général très accueillants avec les étrangers (même s’ils doivent par la suite réclamer « une taxe », c’est aussi une façon de faire du business).
Rassurés ? Ouf !
Les activités au boulot commencent à s’accélérer. Ci-joint une petite photo de mon bureau et du batiment des Nations Unies a Addis.
Il a été un peu difficile jusqu’à présent de faire des photos de la ville, mais je commence à en prendre.
Hier, session shopping au Mercato, l’un des plus grands marchés d’Afrique : impressionnant !
On y trouve de tout, des casseroles aux kalachnikov !
Autrement, Addis Abeba est une ville bouillonnante. Bien que la communauté française s’élève ici à 500 âmes, il y a peu d’étrangers, comparé à la taille de la ville (4 millions d’habitants). La misère est flagrante, à chaque feu rouge des dizaines d’enfants sautent sur les carreaux de la voiture pour essayer de nous vendre mouchoirs, cacahuètes, etc. Il n’est pas rare de voir des vieillards, des jeunes femmes ou des enfants dormir sur les trottoirs, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Il faut d’ailleurs être bien attentif en voiture et veiller à ne pas écraser chien errant, âne, vache ou chèvre traversant tranquillement la route en plein centre ville !
Enfin, je suis bien soulagée maintenant d’avoir trouvé ma maison. Le contrat vaut le détour : une simple petite feuille de papier où les « termes essentiels » du contrat ont été griffonnés en ahmaric. « Mlle Elise G. loue la maison avec tout ce qu’il y a dedans pour une durée d’un an, pour un loyer de 4000 Birr par mois ». Pittoresque, je vous dis !
